Dracy,
village médiéval.
LA GRANDE AVENTURE D’UNE REDECOUVERTE
Onze campagnes de fouilles, de 1964 à 1977 ont mis à jour
la plus grande partie du village de DRACY, déserté au cours
du XIVe siècle.
Quinze bâtiments, représentant en fait un nombre un peu supérieur
d'habitations, ont été repérés, étudiés
et dégagés. Avec les objets divers qu'elles contenaient,
très nombreux quand il y avait eu un incendie, ces maisons permirent
de restituer un village des Hautes-Côtes de Beaune à la
fin du Moyen-Age avec le mode de vie de ses habitants.
Les recherches ont été organisées ou soutenues par
plusieurs institutions scientifiques et conduites par une équipe
franco-polonaise appartenant, d'une part, à l'Ecole des Hautes Etudes
(paris), d'autre part à l'Institut d'Histoire de la Culture Matérielle
(Lodz).
Le site de Dracy , qui a fait l'objet de très nombreuses publications,
livres ou articles, est aujourd'hui connu des milieux scientifiques de
toute l'Europe. L'intérêt des recherches a été jugé tel,
que l'équipe menée par Jean-Marie PESEZ, a été sollicitée
pour entreprendre des fouilles du même type en Italie et en Grèce
UN PASSE INTACT
La fouille a permis de dégager quelques traces d'un petit établissement
celtique, de même qu'un cimetière mérovingien (VIIe
siècle).
Le village médiéval, dépendant de la paroisse de
BAUBlGNY et de la seigneurie de SAINT -ROMAIN, n'apparut sans doute pas
avant le XIle siècle.
Au cours du XIVe siècle, les catastrophes s'abattirent sur la
châtellenie, comme sur tout le royaume. La PESTE NOIRE atteignit
la BOURGOGNE en 1348, pour revenir presque tous les dix ans au cours
des XIVe et XVe siècles. La GUERRE de CENT ANS amena des mercenaires
dangereux et pillards qui rançonnèrent le pays à partir
de 1360. Etablis à Chagny, ils ont sans doute brûlé quatre
maisons de DRACY.
Le village fut peu à peu déserté lors la seconde
moitié du X IVe siècle et au début du XVe siècle.
Ses habitants s'établirent à EVELLES ou à BAUBlGNY
sur de bonnes terres que les décès de la peste avaient
laissées sans tenanciers. La maison de DRACY, massive, évoque
fortement l’habitation du vigneron, conservée à de
nombreux exemplaires, dans les villages voisins du hameau disparu.
Les conditions historiques furent favorables pour fournir un mobilier
archéologique abondant, varié et dans un excellent état
de conservation. Outillage et ustensiles métalliques, fragments
de vases céramiques et vestiges organiques (grains, bois, textiles)
placés sur le lieu ou à proximité immédiate
de leur utilisation ou de leur rangement, eurent une valeur signifiante
extrêmement riche quant au vécu des villageois.
A une époque où les documents évoquent surtout les
guerres, la peste et la pauvreté, l'archéologie a permis
de saisir la réalité de la vie paysanne, moins médiocre
qu'on ne tendait à l'imaginer dans cette conjoncture catastrophique.